Vestiges de la navigation

Le patrimoine navigable belge est riche et varié: canaux, ascenseurs, plan incliné…,
et le patrimoine navigable de l’Ourthe n’est pas en reste!
En effet la navigation sur l’Ourthe, naturelle puis aménagée, a permis à diverses époques de transporter tant les personnes que les biens.
 
Aujourd’hui seulement navigable pour des embarcations de loisirs telles que kayaks ou rafts, l’Ourthe dévoile encore au gré de ses méandres divers vestiges de l’époque glorieuse des bètchètes et hernas. Mais ceux-ci sont peu visibles car peu mis en valeur. De plus, l’âge aidant, ils se dégradent et, pour certains, menacent de disparaître. Les informations sur ces vestiges, leur utilité, leur fonctionnement d’autrefois sont dispersées dans diverses institutions, chez des particuliers et sur divers sites internet.
 
Depuis 2011, l’action de «mettre en valeur les vestiges du canal de l’Ourthe» est inscrite au Programme d’actions du Contrat de rivière. L’objectif étant de réaliser un projet cohérent rassemblant et valorisant les connaissances, les documents ainsi que le matériel en un même lieu ; de développer plusieurs outils de mise en valeur ; de protéger ces vestiges des dégradations... donc de conserver bien plus que la mémoire d’une activité qui a rythmé la vie de la vallée pendant de nombreuses années. Pour ce faire, nous comptons sur le partenariat existant au sein du CRO depuis 1998 (partenariat que nous pourrons faire évoluer avec le projet pour accueillir de nouveaux membres éventuels) et nous nous servirons d’un outil déjà existant et en voie de finalisation: le RAVeL5, créé en grande parie sur l’ancienne assise du chemin de halage.
 
LE DECOR
 
En fonction de l’époque et de la localisation des vestiges (entre Houffalize et Liège), le terme «canal de l’Ourthe» ne recouvre pas la même réalité.
Déjà au temps de l’occupation romaine, diverses sources historiques tentent à démontrer que l’idée de construire un canal pour relier la Meuse au Rhin était présente. A cette époque, aucun chantier ne vit le 
jour en Wallonie.
 
Le projet hollandais
 
Au 19e siècle, lorsque la Belgique était sous domination hollandaise, le Luxembourg appartenait en propre à Guillaume d’Orange, souverain du pays. Pour développer économiquement ses terres et ainsi faire fructifier ses avoirs, il se rangea à l’idée de ses conseillers et ordonna la mise en oeuvre d’un chantier colossal pour relier la Meuse au Rhin via les vallées de l’Ourthe et de la Moselle. Pour ce faire, une canalisation du lit de l’Ourthe était nécessaire ainsi que la création d’écluses et d’un tunnel navigable au niveau de la ligne de partage des eaux entre les bassins de l’Ourthe et de la Sûre (projet conçu par l’ingénieur Rémy de Puydt en 1825 pour la Société du Luxembourg, société créée pour l’occasion, qui obtint la concession d’utilisaion du futur canal). Les travaux du futur canal Meuse-Moselle débutèrent. En 1830, c’est la révolution! La Belgique est un pays 
souverain et le projet est «miné»! En effet pourquoi aider au développement économique de terres appartenant à l’ancien occupant du pays?
 
De ce projet, 16 maisons éclusières furent construites ainsi qu’une portion de ce fameux tunnel de Buret qui devait être long de 2500m. Aujourd’hui, seuls subsistent une portion du tunnel fortement envasée, un tronçon de canal entre Bernistap et Buret, 10 maisons éclusières et, çà et là, des vestiges d’infrastructures de barrages.
 
Le projet belge
 
Quand, en 1839, la scission du Luxembourg fut entérinée, l’objectif de développer économiquement le Luxembourg, belge maintenant, refit surface et se concrétisa en 1857. 
A cette époque, une canalisation entre Liège et La Roche-en-Ardenne fut mise en œuvre avec la création de véritables tronçons de canal (pour faciliter la navigation et raccourcir le trajet là où c’était possible). Le projet hollandais n’utilisait des écluses que pour franchir les barrages sur la rivière.
Mais le projet belge ne sera jamais terminé non plus!
En effet, la concurrence de l’installation du chemin de fer limita le projet à des réalisations entre Liège et Comblain-au-Pont. Mais le canal de l’Ourthe était bel et bien né quoique fortement «rétréci». Ce canal fut utilisé jusqu’en 1917, date à laquelle il fut désaffecté en amont d’Esneux. Le tronçon de canal entre Angleur et Tilff fut lui encore navigué jusqu’en 1949.
 
Aujourd’hui, seules quelques centaines de mètres de canal entre la Meuse et Belle-ïle sont encore en fonction: des bâteliers y sont amarrés à l’année. Si la connection à la Meuse est toujours effective, celle avec l’Ourthe (face à la confluence de la Vesdre) est impossible.
 
(D’après un texte rédigé par P. Hamoir)

 

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(Fond de plan issu du service CartoWeb de l'IGN www.ign.be)